n°44 — Un caractère : L’«écriture typographiée». Auteur : Thierry Chancogne

À paraître

En 1920, Francis Thibaudeau dédie son manuel de typographie moderne La Lettre d’imprimerie composée en multiples variantes de typographies remuantes d’Auriol – Au moins l’éclairée ou « contour » Auriol-champlevé, la stencil Auriol labeur, l’étroite Française Légère, la grasse Robur Noire – au lettreur et typographe début de siècle en tant qu’« innovateur de l’écriture typographiée ». Et il faut remarquer que peut-être le plus répandu de ces alphabets, l’Auriol labeur, est une lettre qui défend aussi bien la dynamique picturale de ses composants visiblement brossés d’un geste auguste que la technicité plus ou moins industrielle des tenons de cette lettre stencil-pochoir. On peut en tous cas être à juste titre frappé par cet oxymore de la dite « écriture typographiée ». Comment l’écriture et sa dynamique contingente, située, personnelle, travaille-t-elle l’effort de généralisation industrielle et normative de la typographie ? Un type, un idéal abstrait, un contrat orthographique peut-il agir le mouvement historique et l’inscription sans cesse particulière et renouvelée des alphabets ? Que devient la cursivité lorsqu’elle est en quelque sorte « récupérée » par la forme relativement définitive, du moins pérenne, des fontes ?

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